Dans
cette partie de ce site, nous allons nous intéresser à l'actualité de l'Europe
que vous pourrez ensuite commenter sur le chat et les forums!!!
Nous tenterons de vous communiquer les articles les plus intéressants de la Presse afin que vous les médiez ;-)
Remarque:
Pour les lecteurs de Courrier International,
vous vous apercevrez peut-être qu'il m'arrive de copier des
articles qui y sont paru mais je trouve ce journal assez complet et
interessant (puisqu'il propose un point de vu multinational et donc
multilatéral sur l'actualité) et j'ai donc trouvé
interessant de soumettre à votre attention les articles les
plus pertinents ;-) .
I LES LIVRES INTERESSANTS (A MEDITER...):
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Auteur: Claude Allègre, Denis Jeambar 19€ (prix officiel)
Editeur: Fayard
Quatrième de couverture :
À rebours du travail des apaiseurs
d’âmes et des urgentistes de la souffrance individuelle, Claude Allègre
et Denis Jeambar nous invitent à reprendre l’initiative, à nous
projeter dans l’avenir à partir de l’état réel de la planète en
interrogeant les entrailles des systèmes qui la composent. Autrement
dit, à considérer la France vue du monde et non l’inverse.
Réfléchir à rebours de ses habitudes a
décidément du bon en témoignent cette cartographie inédite des
problèmes et des menaces qui agitent la planète, cette évaluation
stimulante de nos atouts dans le contexte d’une mondialisation
désormais irréversible, ces propositions, nombreuses et riches, que le
lecteur glanera au long d’un échange ouvert et libre, nourri de
l’esprit d’aventures sans lequel il n’est plus de grande nation.
Claude Allègre est professeur à
l’institut universitaire de France et à l’institut de physique du
Globe. Il a été ministre de l’Éducation nationale, de la recherche et
de la technologie de 1997 à 2000. Parmi ses derniers livres : Quand on
sait tout on ne prévoit rien (2004), Dictionnaire amoureux de la
Science (2005).
Denis Jeambar est président du
directoire du groupe Express-Expansion et directeur de la rédaction de
L’Express. Parmi ses derniers livres : Les Dictateurs ô penser et
autres donneurs de leçon (2004) et Accusé Chirac, levez-vous ! (2005).
Avec huit cartes en couleurs et vingt-deux graphiques.
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MON COMMENTAIRE:
A venir...
N'hésitez pas à me faire part de vos réfléxions sur ce livre!!!!!
> Acheter ce livre (Amazon)*
*
ATTENTION: eurodebat n'est en aucun cas réunuméré ou afilié aux auteurs
de ce livre ni au site Amazon vers lequel vous allez être redirigé si
vous souhaitez acheter ce livre; il ne peut en aucun cas être tenu pour
responsable.
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Sixty Million Frenchmen Can't Be Wrong
What makes
the French so French
Auteur: Jean-Benoît Nadeau & Julie Barlow
£9.99 (prix officiel)
ISBN: 1-86105-715-6
Editeur: Robson Books
Quatrième de couverture :
The French....
* smoke, drink
and eat more fat than anyone in the world, yet have fewer heart problems and
half the obesity rate of the British.
* work 35 hour weeks and take seven
weeks of paid holiday per year,
but are still the world's fifth-biggest
economic power.
So what makes the French so different ?
From a
distance, modern France looks a riddle. Sixty Million Frenchmen Can't Be
Wrong shows how all the pieces of the puzzle fit together. Approaching
France like a pair of anthropologists, authors Jean-Benoît Nadeau & Julie
Barlow use anecdotes and observations, history, political analysis and
reflection to uncover the French national character, offering a fresh take on a
country that no one seems to understand.
Sixty Million Frenchmen Can't Be Wrong is a journey into the French
heart, mind and soul. Deciphering French ideas about land, food, privacy and
language, Nadeau and Barlow weave together the threads of French society - from
centralisation and the Napoleonic Code to élite education and even street
protests - giving us, for the first time, a complete picture of the French.
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MON COMMENTAIRE:
Bon livre (certes ne langue anglaise), mais qui permet de mieux comprendre comment les North American
nous analysent, à l'heure où la France tend (par son rejet du traité
constitutionnel européen par exemple) à se refermer sur elle-même tel
le village d'Astérix le Gaulois
En
plus, le livre est écrit de façon humoristique, et est
très facile à lire (même pour une personne moyenne
en anglais)
Livre à conseiller à tous les curieux qui
veulent avoir une vision nord américaine sur la France & les
Français bien-sûr!!!
N'hésitez pas à me faire part de vos réfléxions sur ce livre!!!!!
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ATTENTION: eurodebat n'est en aucun cas réunuméré ou afilié aux auteurs
de ce livre ni au site Amazon vers lequel vous allez être redirigé si
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responsable.
II LES ARTICLES INTERESSANTS (A MEDITER AUSSI...):
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1: A LA UNE: LE BUDGET EUROPEEN!!!
LE GRAND GACHIS DE BLAIR PAR WOLFGANG MUNCHAU
Courrier
international - n° 788 - 8 déc. 2005
Wolfgang Muchau:
Ancien correspondant du FT à Washington et à Bruxelles, membre
de l’équipe fondatrice du Financial Times Deutschland en 2000, Wolfgang
Munchau analyse chaque semaine les tendances politiques et économiques de
l’Union européenne.
Il y a quelque chose de profondément irritant dans la
proposition de Tony Blair pour sortir l’Union européenne (UE) de l’impasse
budgétaire. Avec un peu de diplomatie, il aurait pu parvenir à peu près au même
accord il y a six mois. En juin dernier, Jean-Claude Juncker, Premier ministre
du Luxembourg et alors titulaire de la présidence tournante de l’UE, proposait
un accord budgétaire en trois volets. Premièrement, le rabais britannique serait
gelé. Deuxièmement, on ne renégocierait pas la politique agricole commune (PAC)
avant 2013. Troisièmement, les nouveaux Etats membres recevraient un peu moins
qu’initialement prévu au titre des fonds structurels.
M. Blair a rejeté ces
propositions, arguant qu’il n’était prêt à sacrifier sa ristourne que si la PAC
était réformée. J’entends encore un de ses proches conseillers déclarant après
le sommet que ce n’était pas une question d’argent, mais de principe.
La
proposition que vient de faire M. Blair contient les trois volets du projet
Juncker. Il n’y aura notamment pas de réforme de la PAC. Mais il y a une
différence non négligeable, la réduction de la ristourne sera un peu moins
importante [8 milliards d’euros sur sept ans au lieu de 2,2 milliards chaque
année]. Pour financer la différence, M. Blair propose de réduire les fonds
structurels des nouveaux Etats membres d’environ 10% [ces derniers toucheraient
150 milliards d’euros au titre des aides régionales, au lieu de 164 milliards].
En d’autres termes, son projet ne diffère de celui de Juncker que dans la mesure
où il y aura un flux net de fonds des nouveaux Etats membres, relativement
pauvres, vers le riche Royaume-Uni. Voilà pour les grands principes.
Alors,
pourquoi M. Blair n’a-t-il pas soutenu cet accord sordide en juin ? Pour une
raison simple : il ne s’y attendait pas. M. Blair et ses conseillers avaient
sous-estimé la détermination de M. Juncker à obtenir un accord lors du sommet de
Bruxelles. Cette erreur de calcul est l’un des pires échecs de la diplomatie
britannique. C’est aussi la raison pour laquelle M. Blair n’avait pas fait ce
qu’il a fait la semaine dernière, c’est-à-dire prévenir l’opinion britannique et
la presse tabloïd que la ristourne était menacée.
La diplomatie budgétaire
de M. Blair a un coût politique considérable. Chez lui, il apparaît comme un
faible. Mais les eurosceptiques n’auraient en aucun cas accepté de renoncer au
rabais. Une critique plus pertinente consiste à dire que la promesse de renoncer
au rabais contre une réforme de l’UE était manifestement malhonnête. Mais la
position de M. Blair n’est pas appréciée non plus dans le reste de l’UE, où l’on
considère généralement que le rabais britannique est injustifiable.
Quelles
sont les chances de parvenir à un accord lors du Conseil européen des 15 et 16
décembre ? Il suffit qu’un seul des Vingt-Cinq s’y oppose pour tout bloquer.
Jusqu’à présent, les pays d’Europe de l’Est ont réagi négativement. On peut
concevoir qu’ils refusent à M. Blair un accord qu’il essaiera certainement de
présenter comme un succès diplomatique pour le Royaume-Uni. Ils pourraient
conclure qu’il vaut mieux attendre la présidence autrichienne de l’UE, l’année
prochaine, car ils pourraient peut-être aboutir à un accord plus avantageux.
Mais, même si un accord est conclu, il n’y aura pas lieu de se réjouir.
L’idée même d’une relation privilégiée entre le Royaume-Uni et les Européens de
l’Est va devoir être relativisée. Il n’a pas fallu plus d’un an pour que les
nouveaux membres comprennent à quel point il était difficile de nouer une
alliance stratégique avec le Royaume-Uni au sein de l’UE.
Avec sa diplomatie
budgétaire, M. Blair a gâché sa présidence de l’UE, qui n’a abouti à presque
rien, hormis résoudre cette crise que la Grande-Bretagne a elle-même provoquée.
En juin dernier, après les référendums, M. Blair a eu une occasion en or
d’assumer le rôle du chef de file de l’UE. Il l’a gâchée pour une somme d’argent
dérisoire. A l’heure où M. Blair s’achemine vers la fin de son mandat de Premier
ministre, les relations de la Grande-Bretagne avec l’UE sont plus difficiles que
jamais.
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2: MALGRE LE NON AU REFERENDUM, Énergie, immigration, fiscalité : l’UE en action
ET POURTANT, ELLE TOURNE!!!
Courrier
international - n° 789 - 15 déc. 2005
Malgré les difficultés politiques, l’Europe continue de lancer des projets. Au
grand désespoir d’un journaliste britannique eurosceptique.
Le crash, en plein Londres, du vol 101 d’Air République bananière, qui a tué 453
personnes et ravagé Islington, a donc poussé la Grande-Bretagne à se retirer de
l’Union européenne (UE). C’était peut-être inévitable : personne n’avait compris
comment les juges de la Cour européenne de justice de Luxembourg avaient pu
annuler l’interdiction de survoler l’espace aérien du Royaume-Uni décidée par
les autorités britanniques à l’encontre de la compagnie. Et le sort de l’UE a
été scellé dans l’opinion publique quand on a appris que, si nul ne se rappelait
que le gouvernement britannique avait confié ce pouvoir à cette Cour suprême
européenne, c’est parce qu’il ne l’avait jamais annoncé publiquement. On avait
procédé selon la méthode européenne habituelle : en se mettant d’accord derrière
des portes closes.
Vous pensez que j’invente, mais la seule chose qui ne
soit pas vraie, pour le moment, c’est l’accident. Vous n’avez rien lu dans les
journaux, rien entendu au Parlement, mais le gouvernement, dans le cadre de
l’harmonisation de la sécurité aérienne au sein de l’UE, a effectivement renoncé
en principe à décider quelle compagnie peut ou non accéder à l’espace aérien de
la Grande-Bretagne. L’essentiel de cette réglementation a été dévoilé le 17
novembre par la Commission européenne. Que transférer le contrôle de la sécurité
du ciel britannique de Londres vers Bruxelles, Luxembourg et Cologne [siège de
l’Organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne] ait des
avantages – et il y en a –, n’espérez pas de débat là-dessus. “C’est un sujet
politiquement très sensible”, m’a confié un fonctionnaire de l’UE.
Le lendemain, la Commission a présenté “de nouvelles règles européennes pour
faciliter les thérapies géniques, cellulaires et tissulaires”, qui réuniront
“toutes les thérapies avancées au sein d’un cadre réglementaire européen
unique, intégré et sur mesure”. Quelques jours plus tard, les gouvernements
européens ont franchi un grand pas vers la création d’un marché de la défense
européen. Le lendemain, l’UE a annoncé que ses membres étaient parvenus à un
accord pour harmoniser leurs politiques d’aide internationale. Tout cela s’est
fait en une seule semaine, pendant la “période de réflexion” qui a suivi les
rejets français et néerlandais de la Constitution européenne. Dans le langage de
l’UE, “réflexion” signifie apparemment agir à outrance – et continuer à faire
les choses exactement comme auparavant.
Au sommet de Hampton Court, le 27
octobre, les dirigeants européens sont convenus de mettre sur pied une
“politique commune de l’énergie”,
qui s’étendra de l’achat de carburants au
développement d’une politique commune en matière
nucléaire. Ils ont également chargé la Commission
d’élaborer des politiques pour assurer la
compétitivité des universités européennes.
L’éducation était jusqu’à
présent l’un des domaines laissés à la
compétence des gouvernements nationaux. Ce n’est plus le
cas. Pour faire bonne mesure, on a également
décidé de créer un conseil de la recherche
européenne, qui coordonnera les dépenses de recherche
dans l’Union.
La
fiscalité était un autre des fondements de la souveraineté nationale. Or, à
Hampton Court, les dirigeants européens ont approuvé un document de la
Commission appelant à “une approche plus coordonnée au niveau européen”
et affirmant la nécessité, pour l’économie du continent, d’un alignement des
fiscalités nationales.
Je revois les ministres britanniques soutenir
fermement que le contrôle des frontières constitue un élément inaliénable de
l’Etat-nation, ce que nous sommes encore officiellement. Or l’UE a mis sur pied
un ensemble de politiques relatives à l’immigration clandestine : traitement et
protection que peuvent attendre les clandestins et les demandeurs d’asile dont
la demande a été rejetée, pays vers lesquels ils peuvent être reconduits et
accords de réadmission avec les pays d’origine. Comme l’exprime un fonctionnaire
de Bruxelles, “il y a cinq ans, quiconque appelant à une politique
d’immigration commune serait passé pour fou. Aujourd’hui, on en a une !”
Seuls les gouvernements ont l’autorité pour emprisonner les gens – le
monopole de la violence légale, comme disent les spécialistes de sciences
politiques. Mais ça, c’était le mois dernier. Depuis, les juges du Luxembourg
ont parlé et ce domaine est désormais l’affaire de Bruxelles. Les juges ont
rejeté les arguments des gouvernements nationaux et déclaré que la Commission a
le droit d’exiger des Etats membres qu’ils prévoient des sanctions pénales pour
les violations les plus graves des lois européennes.
Il est impressionnant,
quand on vit à Bruxelles, de voir la lutte pour le pouvoir qui fait rage entre
les gouvernements nationaux et la capitale de l’UE. Ce qui est encore plus
impressionnant, c’est que la détermination de celle-ci à acquérir un pouvoir
l’emporte toujours – d’une façon ou d’une autre – sur le vague désir des
capitales nationales de le conserver. Les non français et néerlandais ont
peut-être tué la Constitution, mais ils n’ont assurément pas tué l’intégration
européenne.
Anthony Browne, Correspondant du Times à Bruxelles.
The Spectator
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3: NEWS INSLOITES
VERS UNE SOCIETAS EUROPAEA ?
Courrier
international - n° 781 - 20 oct. 2005
Economie
EUROPE - Allianz
veut goûter à la “societas
europaea”
Le
géant allemand de la
bancassurance devrait devenir une société
européenne (SE) l’an
prochain. Mais ce statut a encore de nombreux détracteurs.
Les projets de restructuration
de Michael Diekmann, le patron du groupe
Allianz, vont peut-être mettre le secteur des assurances en
ébullition.
Mais une chose est sûre, les juristes
spécialisés sont dans tous leurs
états. Car le numéro un d’Allianz
souhaite redresser et dégraisser son
groupe en recourant à une nouvelle forme juridique, que
certains se
sont déjà empressés de qualifier
d’échec : la société
européenne (SE).
Le géant munichois de la bancassurance est ainsi, de
Helsinki à La
Valette et de Lisbonne à Vilnius, la plus grande entreprise
à saisir
cette opportunité. Et l’on peut se demander si
cela ne marque pas le
début d’une vague de restructurations
d’un nouveau genre.
Allianz compte
réduire la représentation des salariés
Cette structure juridique émanant de Bruxelles se nomme
officiellement “societas
europaea”.
Les règlements et directives qui la définissent
datent de 2001 [la
directive est entrée en vigueur le 8 octobre 2004], mais
l’Allemagne ne
les a transposés dans son droit national
qu’à la fin de l’année
dernière. Les entreprises n’avaient donc pas
encore vraiment la
possibilité d’adopter ce statut. Strabag, le
géant autrichien du
bâtiment, était jusqu’à
présent le seul grand groupe à l’avoir
fait. La
SE a plutôt séduit des entreprises très
particulières, comme la Brenner
Basistunnel (BBT) SE, la société austro-italienne
chargée d’élaborer le
projet de tunnel transalpin du Brenner – dont la
neutralité nationale
est inscrite dans un traité entre Etats.
Plusieurs grands groupes allemands songeraient aujourd’hui
à franchir
le pas, explique Georg Thoma, le juriste d’Allianz,
l’un des meilleurs
spécialistes allemands du droit des affaires. Le fabricant
de logiciels
SAP, dit-il, serait très intéressé,
ainsi que le constructeur
automobile Daimler-Chrysler et la Deutsche Bank. Chose curieuse, ceux
pour qui la SE paraissait avoir été
taillée sur mesure – le
constructeur aérospatial EADS et la future banque
germano-italienne
Hypo-Vereinsbank, par exemple – semblent pour le moment
s’y refuser.
La SE
présente pourtant plusieurs avantages bien réels
par rapport
aux structures prévues par les législations
nationales des Etats
membres. Elle permet à une entreprise de s’offrir
une image européenne,
ce qui dans certaines branches peut être utile
vis-à-vis des clients et
des actionnaires. Elle permet également de mieux faire
passer une
fusion transfrontalière – telle la reprise de
l’assureur italien RAS
par Allianz, en cours – auprès des
salariés et des actionnaires sans
blesser les susceptibilités nationales. [Il n’est
plus nécessaire, pour
fusionner, de dissoudre une société et de
transférer ses actifs à
l’autre, ce qui est compliqué.]
La SE facilite aussi
grandement le pilotage, selon les mêmes
règles juridiques, des filiales installées dans
des Etats différents.
Elle simplifie les restructurations en tout genre dans les groupes, car
il n’est plus besoin de jongler avec une multitude de formes
juridiques. Le transfert du siège social à
l’étranger peut même se
faire d’un trait de plume. La SE permet en outre, y compris
en
Allemagne, de supprimer la distinction qui existe en Europe
continentale entre directoire et conseil d’administration et
d’adopter,
si on le juge utile, le modèle américain du board
avec son organe de
direction unique.
Mais la SE permet aussi
de diminuer le nombre de représentants des
salariés tout en accueillant des
délégués du personnel
employé hors
d’Allemagne. Ces deux éléments, qui
intéressent vivement Allianz,
devraient s’avérer décisifs. Car le
gouvernement allemand est parvenu à
intégrer des dispositions sur la cogestion dans le
règlement européen
qui régit les SE. Le syndicat Verdi a
déjà fait part de son opposition
aux projets d’Allianz. La loi allemande accorde
d’ailleurs aux
représentants du personnel six mois à un an
à partir de l’annonce de la
constitution de la société pour en
négocier les implications.
La SE ne permet donc pas vraiment aux entreprises allemandes
d’échapper
au frein de la cogestion – qui décourage les
partenaires étrangers
potentiels. Aussi le projet de directive sur les fusions
transfrontalières apporterait-il un certain soulagement en
la matière,
mais du coup il réduirait
l’intérêt de la SE. [Car ses
dispositions
concernant la participation des travailleurs sont moins strictes.]
Le modèle de la
“SE” sera décliné dans chaque
pays
La SE
présente toutefois un défaut qu’on aura
du mal à surmonter.
Le règlement de Bruxelles est tellement lacunaire que chaque
Etat
membre, après l’avoir
intégré dans son droit national, doit le
compléter par sa propre législation sur les
sociétés. Il n’y aura donc
pas, en pratique, une seule SE mais vingt-cinq, en plus des structures
déjà existantes, comme la
société anonyme (SA) et la
société à
responsabilité limitée (SARL).
L’avenir dira
si la SE séduit les entreprises. Une incertitude qui
trouve également son origine dans la question plus
fondamentale d’un
futur droit économique européen. Certains
réformateurs optent à cet
égard pour une mise en concurrence des
législations nationales. Ils
souhaitent – selon le principe du pays d’origine
qui s’applique à la
libre circulation des marchandises – une reconnaissance
mutuelle des
structures juridiques étrangères, ce qui
nécessite un minimum
d’harmonisation. D’autres
préféreraient mettre sur pied des structures
européennes originales. Avec la SE, on n’a
malheureusement ni l’un ni
l’autre.
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